Aller au contenu principal
Fermer

Le commissaire européen au Commerce en Chine pour "rééquilibrer un déficit insoutenable"
information fournie par AFP 08/10/2026 à 14:13

Le commissaire européen Maros Sefcovic à Bruxelles le 22 septembre 2026 ( AFP / Nicolas TUCAT )

Le commissaire européen Maros Sefcovic à Bruxelles le 22 septembre 2026 ( AFP / Nicolas TUCAT )

Le commissaire européen au commerce Maros Sefcovic a dit jeudi être en Chine pour tenter de "rééquilibrer (le) déficit commercial insoutenable" de l'Union européenne (UE) avec la deuxième puissance économique mondiale.

M. Sefcovic a entamé jeudi deux jours de discussions à Pékin pour éviter une escalade alors que l'UE affirme sa détermination à agir face à un déficit commercial qui atteint depuis 2025 autour d'un milliard d'euros par jour avec la Chine.

Il a rencontré le ministre du Commerce Wang Wentao, ont rapporté les services de ce dernier sans plus de détails.

Bruxelles entend obtenir des actes concrets et significatifs devant ce que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a qualifié de "point de bascule".

A défaut, l'UE menace de sévir. Mais la Chine prévient qu'elle réagira en cas de mesures contraires à ses intérêts.

"Premier jour en Chine, avec un objectif: commencer à rééquilibrer notre déficit commercial insoutenable", a écrit M. Sefcovic sur les réseaux sociaux.

Il a rencontré des représentants d'entreprises européennes dont le "message était clair: il est nécessaire d'améliorer l'accès au marché chinois".

Les Européens critiquent les entraves rencontrées par leurs entreprises en Chine. Ils dénoncent les subventions massives accordées, selon eux, par l'Etat chinois aux entreprises nationales et les surcapacités de l'industrie qui se déversent à moindre coût sur le marché européen et mettent en péril des secteurs entiers comme l'automobile.

Ils s'émeuvent de l'instrumentalisation, à leurs yeux, des chaînes d'approvisionnement, ainsi que de la sous-évaluation de la monnaie chinoise.

Autant d'accusations que Pékin réfute. Les experts soulignent aussi, outre les pratiques chinoises, les faiblesses et les vulnérabilités de l'économie européenne.

Mises en garde chinoises

La Banque de Chine a publié jeudi via les médias d'Etat un communiqué déclarant que le développement du commerce national résultait des progrès de la compétitivité industrielle du pays.

"La Chine n'a aucun besoin ni aucune intention" de déprécier sa monnaie pour favoriser son commerce, a-t-elle dit. Imputer, comme le font certains, le recul de sa compétitivité ou ses problèmes structurels aux taux de change des autres "revient à se soustraire à sa propre responsabilité", a-t-elle dit, selon l'agence Chine Nouvelle sans désigner nommément ses cibles.

La visite de M. Sefcovic s'inscrit dans un dialogue mené depuis plusieurs mois et précède de quelques jours un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE mi-octobre.

A cette occasion sera présentée une proposition franco-allemande pour que l'Europe se dote, en plus des instruments existants, d'un outil qui permettrait en quelques jours d'exclure du marché intérieur les biens et les services d'un pays en guerre commerciale avec l'UE.

La Chine n'est pas explicitement mentionnée. Mais un tel dispositif anticiperait une éventuelle confrontation commerciale ouverte.

Une porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Mao Ning, a réaffirmé jeudi l'attachement de principe de Pékin au "dialogue d'égal à égal" pour résoudre les différends.

Mais Pékin a préalablement prévenu que Berlin et Paris risqueraient de "subir elles-mêmes les conséquences" à force "d'encourager l'UE à recourir à des outils protectionnistes à tout bout de champ".

L'une des inquiétudes européennes est que la Chine ne recoure à l'arme des terres rares, matières premières essentielles à de nombreuses industries stratégiques et dont la Chine domine l'extraction et le raffinage. La dépendance de l'Europe en la matière est très forte et elle avait été durement affectée par les restrictions imposées en 2025 par Pékin sur les exportations.

Véhicules hybrides

L'idée, côté européen, est de ne pas en arriver là et de chercher cette semaine de "premiers résultats concrets".

Les Européens aimeraient obtenir de la Chine des engagements à réduire volontairement ses exportations dans des secteurs clés, comme les véhicules hybrides, et un accès renforcé aux terres rares.

Il serait "irréaliste" d'escompter un accord global, mais "si on réussissait à identifier un secteur où tester un accord de limitation des exportations avec la Chine, ce serait déjà un pas en avant", dit à l'AFP Ignacio Garcia Bercero, expert à l'institut Bruegel.

Pas plus que l'Europe, la Chine, avec sa dépendance aux exportations et ses propres difficultés économiques intérieures, n'a intérêt au conflit, abonde Zhu Tian, professeur à la China Europe International Business School de Shanghai, selon qui "un terrain d'entente est possible". "Toutefois, les divergences restent considérables. Il faut s'attendre à la poursuite des négociations et à la conclusion d'accords sur des points précis, plutôt qu'à un règlement global", anticipe-t-il.

4 commentaires

  • 14:28

    Électricité trop chére, essence trop chére, matière première trop chére, immobilier trop cher... même les français n'ont plus les moyens de jouer les pigeons en achetant trop chères des voitures jetables (les fameux moteurs 3 cylindres turbo compressés avec la courroie qui baigne dans l'huile... et qui finissent en pureperte) conçues en france (mais fabriquées ailleurs).


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires